De Steve Jobs à Tim Cook, retour sur 40 ans d’histoire d’Apple

De Steve Jobs à Tim Cook, retour sur 40 ans d'histoire d'Apple

Sous la houlette de ses deux patrons emblématiques, la firme américaine a bouleversé le marché des ordinateurs, de la musique et celui de la téléphonie mobile.

Le 1er avril dernier, Apple a fêté ses quarante ans d’existence. Quatre décennies marquées par la personnalité de ses dirigeants. Rarement une entreprise a été aussi incarnée par ses présidents, à commencer par le premier d’entre eux, Steve Jobs. Au-delà du logo en forme de pomme de l’iPhone et du Mac, le nom d’Apple évoque une photographie. On y voit Steve Jobs portant les trois éléments qui ont fait sa célébrité: des lunettes rondes, un col roulé et un regard déterminé. Le cliché en noir et blanc, pris par le photographe Albert Watson, fait la couverture de la biographie officielle de Steve Jobs. Il a surtout orné le site officiel d’Apple lors de sa mort, le 5 octobre 2011. Rappelant à tous les liens indéfectibles qui ont lié Steve Jobs à l’entreprise qu’il a cofondée et dirigée.

Steve Jobs endosse le costume de grand penseur, voire de gourou

Au début, pourtant, il y avait bien trois hommes: Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne cofondent Apple le 1er avril 1976. Ce dernier quitte très rapidement l’aventure. Reste alors les deux Steve, passionnés d’informatique et bien décidés à démocratiser l’usage de l’ordinateur. Leur premier produit, l’Apple I, est assemblé à la main par Steve Wozniak. Steve Jobs se charge de sa commercialisation, en signant un partenariat avec un magasin d’informatique. Cette dynamique fera les premiers succès d’Apple: Steve Wozniak endosse le costume d’informaticien et Steve Jobs celui de grand penseur, voire de gourou. Il voit en l’ordinateur un bien de consommation pour le grand public, loin des modèles gigantesques et hors de prix alors utilisés par les professionnels. Avec le Macintosh, lancé en 1984, Apple secoue pour la première fois les mastodontes de l’informatique comme IBM.

Peu importe si le projet était d’abord celui d’un autre homme, Jef Raskin. En janvier 1984, Steve Jobs présente le Macintosh aux investisseurs d’Apple. Avec un certain sens du spectacle, il sort le premier ordinateur d’une valise et le branche. «Cela va changer la vie de millions de personnes dans le monde», promet-il. Cette conférence haute en couleur est un prélude aux futures «keynotes» qui feront la popularité de l’entreprise.

Un héritage à dépasser

L’année suivante, en 1985, Steve Jobs est mis à l’écart du conseil d’administration d’Apple. Il démissionne. Pendant dix ans, l’entreprise est successivement dirigée par trois PDG: John Sculley, Michael Spindler et Gil Amelio. Apple n’est plus le bébé de Steve Jobs et titube. On retiendra surtout de cette période le Newton, un assistant personnel lointain cousin de l’iPhone et de l’iPad. L’entreprise multiplie les modèles de Macintosh et perd ses clients.

En 1997, Steve Jobs est rappelé aux commandes de l’entreprise, au bord de la faillite. Il recentre Apple sur l’essentiel, l’ordinateur, et prépare la suite. En 1998 naissent les iMac, les héritiers du Macintosh, reconnaissables à leurs couleurs vives. C’est un succès commercial: Apple renoue avec les bénéfices après trois années dans le rouge. Steve Jobs enchaîne les présentations de nouveaux produits. En 2001, l’iPod annonce la révolution numérique que va connaître l’industrie musicale. En 2007, l’iPhone ouvre l’ère des smartphones. Puis, en 2010, c’est l’iPad qui lance le marché des tablettes. Apple n’invente ni le baladeur, ni le smartphone, ni les tablettes, mais sait trouver le bon moment pour se lancer. Ses produits sont chers mais simples d’utilisation et jouissent d’une image branchée. Le culte de Steve Jobs se double de celui pour sa marque.

La mort du cofondateur d’Apple, en 2011, révèle l’étendue de son héritage et la difficulté de le dépasser. C’est Tim Cook, auparavant directeur d’exploitation de l’entreprise, qui a la lourde tâche de diriger un Apple privé de son fondateur. Il partage avec lui un certain goût pour les looks sobres: col roulé pour l’un, chemise noire pour l’autre. Petit à petit, Tim Cook marque sa différence. En keynote, il se montre moins exalté. En 2014, il annonce publiquement son homosexualité, là où Steve Jobs cultivait le secret autour de sa vie privée.

La première gamme de produits de l’ère Cook est l’Apple Watch, lancée fin 2014. Apple entretient depuis le mystère autour des chiffres de vente de sa montre connectée, faisant craindre un échec à certains analystes. Tim Cook n’a pas non plus hésité outrepasser les conseils de Steve Jobs, en vendant des iPhone plus grands ou un stylet avec l’iPad Pro. Aujourd’hui, Tim Cook est à la tête d’un empire d’appareils électroniques mais aussi de services en ligne, qui reposent sur des fondations imaginées par Steve Jobs: iCloud, pour le stockage en ligne, le magasin d’applications App Store et iTunes (musique en ligne), progressivement remplacé par Apple Music. Et lorsque la Silicon Valley affronte les autorités américaines sur la question du chiffrement des données, c’est Tim Cook qui prend la tête de la rébellion. Quarante ans après, Apple reste une entreprise à part et admirée.

Src: Le Figaro