En route pour les USA ! (United Systems of Apple)…

Steve Jobs - dossiers et réflexions sur d'Apple

Encore une fois, Steve Jobs et Apple se sont lancés un nouveau défi, et il est de taille…

Dans l’histoire des différents MacOS X, il y a des périodes clefs, des périodes de transitions significatives et d’une importances majeures…
Si Apple est passé maître dans la manière de nous faire vivre « en douceur » ces transitions, il n’en est pas moins qu’elles ont toutes été à l’origine d’indices des futures orientations de la firme de Cupertino.

En effet, on peut les répertorier par « paliers », depuis la première Public Beta de MacOS X alias Kodiak, jusqu’à MacOS X 10.7 alias Lion.
Nous ne reviendrons pas sur l’histoire des différentes version de MacOS [D’autres comme Wikipedia s’en chargent très bien], mais plutôt nous nous concentrons sur ce que je nomme « paliers », pour mieux comprendre, et peut être mieux anticiper l’avenir toujours si prometteur.

Ainsi, le premier de ce palier fut MacOS X 10.1 alias Puma.
Sortie en Septembre 2001, ce fut la première version de MacOS X à être installée par défaut dans les Mac à partir de Janvier de l’année suivante [2002], marquant là, la transition définitive de MacOS 9 vers MacOS X, qui fut un signal fort lancé à destination des utilisateurs mais surtout des développeurs qui, disons le carrément, trainaient un peu la patte (Adobe n’avait toujours pas de version pour MacOS X de Photoshop ni Xpress n’avait franchi le pas!).
Même si certaines Machines pouvaient toujours «booter» sur l’un ou l’autre des systèmes, Apple annonça la fin du développement et du support technique de MacOS 9.2.2 Alias Classic la même année dans un show assez étonnant d’éloge funèbre où Feu MacOS Classic s’en allât de sa belle mort.

Avec le recul, nous ne le savions pas à l’époque, mais ce premier palier allait permettre à Apple de commencer les travaux de son prochain gros chantier: La venue des MacIntel…

Car Steve Jobs, ce jour d’Avril 2005, après des mois et des mois de spéculations les plus folles, enflammants forums et autres sites web de la planète, est apparu sur scène avec ces simples mots inscris derrière lui: Yes, it’s true!
Oui c’était bel et bien vrai, l’incroyable se produit, Apple allait bien installer des processeurs Intel dans ses machines…
Ce jour là, présent dans l’assistance, que ne fut pas les faciès ébahis des gens de « la première heure » dont je suis: Des processeurs Intel dans des Macs? Naaaan !
Après le coup de massue reçu par cette annonce, je me suis rendu compte que finalement, cela coulait de source.
En 1999, je travaillais pour un des plus célèbre et ancien Apple Center de France basé à Nice, et nous avions participé à une conférence orchestrée par Avi Tevanian [Venu de chez NeXT, il est le père du BSD utilisé pour MacOS X] venu faire l’article à un par terre trié sur le volet de Rhapsody, qui deviendra plus tard la toute toute première version de MacOS X Server alias Hera. Et chose incroyable, ce qui était présenté comme le futur du système d’Apple, fonctionnait sur des Tulip Computer à Pentium 4!
A notre étonnement, Avi Tevanian nous expliqua qu’Apple travaillait sur le « portage » de Rhapsody sur PPC car, Rhapsody n’était-il pas que le descendant de NeXT Step déjà porté pour instruction i386 depuis plusieurs années?…
Vous avez bien entendu: Portage d’Intel vers PPC…

Sur scène, Steve Jobs avec Paul Ottelini, n’en finissent plus d’éloge des nouveaux processeurs Core Duo d’Intel, et dans une aparté, Steve Jobs avoua que MacOS X avait toujours été développé « en secret » pour les deux processeurs Intel et PPC « in case of ! » (Au cas où !)

Si MacOS X 10.3 alias Panther fut le premier système à avoir eu les honneurs d’équiper les premiers MacIntel, la quatrième version du félin alias Tiger fut la toute première à être totalement écrite pour processeur Intel. Mais si MacOS X 10.4 alias Tiger mérite plus de faire partie de ce palmarès des évolutions, c’est qu’il coïncide à une période de très grandes agitations (et nervosité) au sein du 1 Infinite Loop à Cupertino…
Intel aura finit par « avoir la peau » de MacOS. Non pas que le Mac ai disparu, mais Classic lui, venait là de tirer sa dernière révérence et ne serait plus supporter avec Tiger car incompatible avec les processeurs Intel.
Exit Classic donc, et bonjour à trois des éléments fondamentaux du futur d’Apple apparus avec MacOS X Tiger: CoreImage, CoreAudio et CoreVideo…
Rebaptisés CoreAnimation, ces APIs implémentées au système, permettent de libérer les développeurs de tout un fardeau dans la conception graphique de leurs applications.
Se chargeant de tout, ces APIs gèrent de façon totalement inédite tout un pan des fondations graphiques du système, à commencer par le dialogue I/O (Entrée/Sortie) entre le Soft et le Hard, tout en mariant sans cloisonnement Image, Son et Vidéo.
Cette technologie qui nous est apparut comme « anodine » à l’époque, cachât très bien sa véritable fonction et pour cause: CoreAnimation est la clef de voute de l’édifice Graphique de ce qui s’avérera être ni plus ni moins que iPhoneOS puis iOS !
D’autres grandes avancées introduites dans Tiger font également partie de l’iOS d’aujourd’hui comme SpotLight, la recherche universelle d’iOS, et DashBoard qui servira de guide pour l’élaboration de plusieurs types d’Apps pour iOS et QuartzExtreme, la prise en charge par le GPU de CoreAnimation et les affichages en 2D nécessaire à l’iPhone/iPod/iPad à puissance limitée face aux Mac.
De par ce fait, nous pouvons conclure que ce qui se dit ici ou là, que Steve Jobs aurait commencé à « réfléchir » sur une interface Tactile dés cette époque (2005) est tout a fait exacte.
Enfin, Tiger fut la version de MacOS X la plus aboutie, et nombre de ses fonctions sont en pointe de la renommé actuelle de MacOS X.

Après cette époque assez surréaliste, je dois l’avouer, Apple est arrivé à un tournant de son histoire. un peu lorsqu’au Poker, on décide de faire « All in »…
Mais un élément nouveau est venu à point nommé dans le jeu de Steve Jobs: Microsoft et VISTA…
De retour sur scène l’ors d’une keynote , Steve Jobs cachât très mal son enthousiasme: Avec un logo Windows VISTA en arrière plan, il déclarât à l’assistance que grâce a VISTA, Apple allait pouvoir marquer une « pause » dans le développement de MacOS…
Et quelle pause !

D’un seul coup, c’est comme si Steve Jobs avait décidé de faire un « All in » sur l’iPhone, et avait mobilisé toutes ses troupes dans cette bataille des SmartPhones, nous laissant à tous un arrière goût de « lâchage »… Mais c’était apparemment pour mieux « revenir »….
VISTA a coûté cher à Microsoft à bien des égards: laissant une autoroute vide sur le chemin d’Apple qui savait, qu’empêtré avec VISTA, Microsoft allait lui « foutre la paix » pour un bon moment, Steve Ballmer n’avait d’autre choix que de mobiliser toutes ses troupes pour corriger le tir sur le système d’exploitation de bureau, délaissant du même coup sa plateforme Mobile.
Ne croyez pas que Windows, MacOS ou iOS sont développés par des équipes de milliers de personnes… Les équipes sont constitués de 3 ou 4 personnes sur un nombre d’équipes qui se compte sur les doigts d’une main, il est extrêmement difficile de mener une bataille sur plusieurs front.
Tout comme Napoleon, Microsoft n’a pu que battre en retraite contre le front Sibérien Apple et voir toute sa « grande armée » Windows Mobile se faire décimer jour après jour…
VISTA fut un atout essentiel dans la réussite de Steve Jobs et de iOS et en quelques mois, a amené Microsoft « empêtré » avec un XP de 8 ans d’âge et un VISTA de très loin leur meilleur OS, de 92% de part de marché du Mobile à seulement 5%.

Par la même occasion, d’autres sont venus aussi comme des vautours, partager le cadavre Windows Mobile: Palm, Google et RIM s’en sont donnés a coeur joie.
Sans cette « pause » Apple n’aurait jamais pu développer dans un laps de temps aussi court l’AppStore, XCode et le SDK pour iOS qui ont permis cette envolé dans les cieux des Apps pour iOS à plus de 300’000 au compteur et assoir la suprématie d’Apple en la matière et pour longtemps.
Comme quoi, l’adage qui dit que le malheur des uns, font le bonheur des autres se vérifie.

Comme nous pouvons le voir par cette rétrospective des événements marquants de cette dernière décennie, Steve Jobs nous en dit beaucoup à chacune de ces interventions. Mais tel un prestidigitateur, Steve Jobs a l’art et la manière de nous faire regarder là ou il veut nous faire porter l’attention, tout en nous éloignant soigneusement des véritables enjeux.

Sans jouer à la « Madame Soleil », la dernière intervention de Steve Jobs marque un point important et essentiel.
Le slogan « Back to the Mac » avait deux sens propre le 20 octobre dernier:
Ce Special Event marquait bien le retour en force de l’intérêt d’Apple pour le Mac en dévoilant un peu de son prochain félin, et son « Retour sur le Mac »
Mais le deuxième sens, et de loin le plus important, était que si iOS était un descendant de MacOS, il allait faire un « Retour sur le Mac » qui désormais allait intégrer bien des aspects de l’OS Tactile d’Apple.

Ce « Back to the Mac » donc, marque ici un palier capital dans l’évolution des deux systèmes.
Depuis longtemps, à SteveJobs.fr, nous pensons que les deux OS allaient bien finir par n’en faire qu’un seul.

Cette image nous en dit long à ce sujet.
iOS est issu de MacOS pour venir s’installer sur l’iPhone, il subit ensuite une première « mutation » génétique en s’installant sur l’iPad, pour enfin venir, tel un greffon, renforcer son aïeul MacOS dans un nouveau croisement génétique.
Mais ne vous y trompez pas, si le Lion est le roi de la jungle, ce croisement génétique d’iOS et de MacOS pourrait bien signer là, l’apogée de la forme actuelle de MacOS dans le Safari historique d’Apple laissant la place, à plus ou moins long terme, à une nouvelle « Génération Génétiquement Modifiée » de l’OS de bureau d’Apple.
Dans un premier temps, Steve Jobs a doté MacOS, nous l’avons vu avec Tiger, d’une nouvelle souche génétique comme CoreAnimation, pour ensuite en faire évoluer « in-Vitro » une nouvelle souche dans iOS pour iPhone et iPad pour recroiser le tout dans un MacOS d’un nouveau genre.
Tel est bien l’illustration de cette image, où, telle une Maïté venue de Californie, Steve Jobs ai décidé de faire monter une nouvelle Mayonnaise.

Apple détient aujourd’hui un savoir faire inégalé en matière d’interface tactile.
Ils en maitrisent la primauté, ils en maitrisent la technicité mais surtout, ils en maitrisent son application dans une utilisation réelle. Car il est bien beau de « rêver » à nos bon vieux ordinateurs de bureau affublés d’une interface tactile, tel que le souhaiterait Microsoft avec un Windows « dans l’état » à couche tactile, et des ordinateurs aux Form Factors actuelles. Mais « Professeur » Jobs l’a bien démontré, rester son bras tendu la journée longue, n’est pas humainement possible !

Il y a donc là, une autre équation a résoudre. Le Tactile oui ! Mais comment ?
Beaucoup d’éléments nous portent a croire que Steve Jobs a déjà la réponse. Et dans ce maelström génétique dont il est le seul à en connaître la recette, certaines « chaines » forment déjà l’ADN d’un tout nouvel environnement signé Apple.

Il est bien entendu que le Magic TrackPad, s’il ne fait aujourd’hui que de la figuration, pourrait très vite devenir l’élément clef du « Coeur » du système aux côtés de la Magic Mouse, dernière héritière d’une longue lignée.

MacOS X 10.7 alias Lion, mérite à juste titre de figurer en position de « Roi » sur le podium des différents paliers de l’histoire des félins chers a Steve Jobs, tant il est le premier à nous faire entrevoir un avenir, qui commence a se dessiner. Trouver la bonne recette pour croiser génétiquement un ancêtre avec Souris et un tout nouveau Bébé Tactile n’est pas une mince affaire, tant il est difficile dans un premier temps, de ne pas mettre trop de l’un et pas assez de l’autre.

Steve Jobs, a entamé la mutation génétique la plus importante pour la firme de Cupertino, et se lance à l’assaut des USA [United Systems of Apple].
Steve Jobs, en passionné d’Histoire le sait, des « Révolutions » ne se passent jamais sans « bain de sang », et laissent très souvent sur le carreaux bon nombre d’éléments du passé que l’on pensaient immuables.
Reste à savoir de « que faire de l’après révolution »…
Mais Steve Jobs et Apple ont déjà engagé une onde de choc qui a engendrée un raz de marée…

Et comme le disait Talleyrand, Ministre de Napoléon:

« On ne se bât pas contre un Raz de Marée »

Nick Hunter pour SteveJobs.fr
San Francisco